Préhistoire

De nombreuses peintures rupestres et gravures pariétales, découvertes dans des grottes et sur des falaises, attestent de la présence humaine préhistorique sur le territoire mauritanien actuel.

À cette époque, l’environnement était bien différent de ce que nous connaissons aujourd’hui. La Mauritanie n’était pas un désert, mais une région humide dotée de rivières et d’une faune abondante.

Dans le parc national du Banc-d’Arguin, des amas coquilliers révèlent des grattoirs, pointes et racloirs du paléolithique moyen.

Au cours des siècles

Des populations noires, appelées les Bafours, en partie sédentaires, se sont établies en Mauritanie, notamment dans la région d’Atar, apportant avec eux leurs dromadaires.

L’Empire du Ghana avait pour capitale Koumbi, située dans le Hodh El Chargui. Originaire du royaume de Ouagadougou, cet empire a prospéré au VIIIe siècle grâce à l’exportation d’or et de sel, des ressources essentielles pour la conservation des aliments. Il atteint son apogée au Xe siècle, s’étendant sur un territoire qui couvre aujourd’hui les frontières de la Mauritanie et du Mali, englobant Ouagadougou et Oualata.

Les Almoravides, un mouvement religieux sunnite, établissent leur empire au XIIe siècle. Ils s’installent le long des rives du fleuve Zenaga (aujourd’hui le fleuve Sénégal) et fondent l’empire almoravide.

Au XIIe siècle, après la chute des Almoravides, une partie du territoire mauritanien (sud/sud-ouest) redevient une province des empires du Mali et Songhaï. C’est également au XIIe siècle que la ville de Tichitt est fondée. Ce centre, alliant savoir et commerce, contribue de manière significative au rayonnement de la région du Maghreb et de l’Afrique de l’Ouest récemment islamisée.

Au XIVe siècle, des villes comme Oualata, Chinguetti et Ouadane connaissent un développement notable, renforçant encore la richesse et l’influence de cette région.

Au XVe siècle, les Bani Hassan, probablement originaires du Yémen et d’Arabie, avec une influence moindre d’Égypte et d’Irak, s’établissent dans le nord et engagent des combats contre les tribus berbères sanhadjas. Leur présence va profondément transformer la structure sociale et l’ethnicité de la région, donnant naissance à une communauté arabo-berbère.

Au XVIIe siècle, les tribus Mghafra (arabes) et Zwaya (sanhadjas) entrent en conflit pendant près de 30 ans.

Par la suite, les Beni Hassan fondent de nouveaux émirats, parmi lesquels ceux du Trarza, du Brakna et de l’Adrar se distinguent par leur puissance, tandis que celui du Tagant est établi par les descendants des Sanhadja almoravides.

Colonisation française de la Mauritanie – Dates clés

  • 1721 : Le fort colonial d’Arguin est établi.

  • 1891 : Le traité signé entre Léon Fabert et le roi Ahmed Ould Sidi Ahmed officialise le protectorat français sur une vaste région d’oasis allant du Sénégal au sud du Maroc.

  • 1902 : Début de l’invasion coloniale française.

  • 1903 : La Mauritanie est placée sous protectorat français.

  • 1904 : La rive droite du fleuve Sénégal est rattachée à la Mauritanie sous protectorat français.

  • 1920 : La Mauritanie est déclarée colonie française.

  • 1934 : Fin de la résistance armée, deux ans après la bataille d’Oum Tounsi en août 1932.

  • 1945 : La Mauritanie est érigée en territoire d’outre-mer de l’Union française.

  • 1957 : Adoption de la loi-cadre (loi Defferre) qui accorde plus d’autonomie.

  • 1958 : La Mauritanie devient autonome et la République islamique est proclamée le 28 novembre dans le cadre de la nouvelle Communauté française.

  • 1960 : L’indépendance nationale est acquise le 28 novembre, conformément aux accords franco-mauritaniens de restitution de souveraineté.

Mauritanie indépendante

Présidence de Mokhtar Ould Daddah (1960–1978)

Suite au référendum de 1958, la Constitution mauritanienne adoptée l’année suivante institue un régime parlementaire. L’indépendance est officiellement proclamée le 28 novembre 1960.

En 1961, une nouvelle Constitution établit un régime présidentiel et Mokhtar Ould Daddah devient le premier président de la Mauritanie.

Juntes militaires éphémères (1978–1984)

  • 10 juillet 1978 : Le lieutenant-colonel Moustapha Ould Mohamed Saleck renverse Mokhtar Ould Daddah.

  • 1979 : À la suite de la disparition du Premier ministre, un nouvel accord de paix est signé avec le Front Polisario.

  • 4 janvier 1980 : Ould Haïdalla accède à la présidence.

Présidence de Maaouiya Ould Sid’Ahmed Taya (1984–2005)

Le 12 décembre 1984, le Colonel Ould Taya prend le pouvoir à la suite d’un coup d’État sans effusion de sang. Il dirige le pays jusqu’en 2005.

  • 1989 : Conflit avec le Sénégal et expulsions de populations noires-mauritaniennes.

  • 2005 : Arrestations dans les milieux islamistes en lien avec le GSPC.

Présidence d’Ely Ould Mohamed Vall (2005–2007)

Le 3 août 2005, le Conseil militaire pour la justice et la démocratie (CMJD) prend le pouvoir. Ely Ould Mohamed Vall s’engage à rétablir la démocratie et respecte ses engagements : il ne se présente pas aux élections.

  • 25 mars 2007 : Élection de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi.

Présidence de Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi (2007–2008)

  • 19 avril 2007 : Il devient le premier civil élu démocratiquement depuis 30 ans.

  • Les libertés se développent, mais AQMI multiplie les attaques.

  • 11 mai 2008 : Nouveau Premier ministre nommé, ce qui suscite des tensions avec les militaires.

Présidence de Mohamed Ould Abdel Aziz (2008–2019)

À la suite d’un nouveau coup d’État, Abdel Aziz prend la tête du Haut Conseil d’État, puis quitte l’armée et organise des élections.

  • 2014 : Réélu avec 81,89 % des suffrages.

  • 2019 : Première passation de pouvoir démocratique avec son successeur Mohamed Ould Ghazouani.

Présidence de Mohamed Ould Ghazouani (depuis 2019)

Élu au premier tour le 22 juin 2019 avec 52 % des voix, il met en avant un programme axé sur la gouvernance, la transparence et une volonté de rupture avec les pratiques du passé.

En 2019, une sécheresse menace les populations du sud et de l’est du pays, laissant près de 560 000 personnes en situation d’insécurité alimentaire.

 

Dans ce contexte, la Mauritanie se distingue par sa stabilité, n’ayant pas connu d’attaques djihadistes depuis 2011. Cela témoigne des efforts du gouvernement pour maintenir la sécurité et renforcer les institutions face aux défis régionaux.

L’approche du président Ghazouani semble ainsi orientée vers la consolidation des acquis démocratiques et la promotion d’une gouvernance responsable, essentielle au développement futur du pays.